La nature et la force de la réponse immunitaire diffèrent entre les femmes et les hommes. Alors que les femmes présentent des réponses immunitaires plus vigoureuses aux infections, elles souffrent également davantage d'autoimmunité (comme le lupus érythémateux systémique (SLE)). Il est de plus en plus clair que non seulement les hormones sexuelles mais aussi les loci associés aux chromosomes sexuels régulent les voies biologiques communes aux maladies autoimmunes et infectieuses. C'est particulièrement clair pour TLR7, un récepteur aux ARNs simple brin codé par un gène situé sur le chromosome X. Alors que la réponse immunitaire initiée par TLR7 est essentielle pour la défense contre les virus à ARN, TLR7 peut également répondre à des ARNs endogènes, conduisant potentiellement à une autoimmunité s'il n'est pas correctement contrôlé. L’échappement à l'inactivation du chromosome X (ICX) pourrait contribuer à ce dimorphisme sexuel. En effet, bien que l’ICX soit établie de manière stable à un stade précoce de l'embryogenèse femelle, environ 20% des gènes humains liés à l'X échappent à l’ICX dans certains tissus, et sont donc exprimés à partir des deux chromosomes X féminins. Il a été montré à l'aide de souris transgéniques que l'expression de 2 copies du gène Tlr7 est suffisante pour induire le SLE. En collaboration avec Dr JC Guéry (Infinity, Toulouse, France) nous avons démontré que TLR7 échappe à l’ICX dans une fraction des cellules immunitaires féminines. L'échappement à l’ICX de TLR7 pourrait donc avoir un impact sur la réponse immunitaire. Dans le cadre de ce projet collaboratif, nous étudions les mécanismes d'échappement de TLR7 à l’ICX.

  1. Souyris M, et al, Chaumeil J, Mejia JE, Guéry JC. Science Immunol 2018;3: pii: eaap8855.
  2. Souyris M, Mejia JE, Chaumeil J, Guéry JC. Semin Immunopathol 2018;41:153.

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