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    Rôle des cellules fœtales microchimériques dans la réparation maternelle

    Maria Sbeih

     

    Vendredi 26 février 2021 à 14h

    Institut Cochin

    22 rue Méchain Paris 14ème

    Salle Rosalind Franklin, 2ème étage





    Directeur de thèse : Sélim Aractingi

    Equipe : Biologie Cutanée

    Département : Développement, Reproduction, Cancer (DRC)

    Résumé :

    Lors de la gestation, des cellules du fœtus sont transférées vers la circulation de la mère et y persistent pendant des décennies, en nichant dans la moelle osseuse maternelle. Ces cellules fœtales, dites microchimériques, comprennent divers types de progéniteurs qui sont capables de migrer vers un tissu maternel lésé, pour participer à sa réparation. Au cours de ma thèse, j’ai pu travailler sur l’effet des Cellules Fœtales Microchimériques (CFMs) recrutées dans les plaies cutanées de souris gestantes ou post-gestantes. Dans les deux cas, ces CFMs améliorent la cicatrisation en stimulant l’angiogenèse et la prolifération cellulaire au sein des plaies. L’étude de leur transcriptome durant ou après la gestation montre, par ailleurs, l’expression de plusieurs marqueurs de cellules souches. Nous avons montré que la voie de signalisation CCR2/CCL2 régule le trafic d’une sous-population de CFMs. Cette sous-population a un phénotype de progéniteurs myéloïdes CCR2+ et est recrutée vers la plaie en réponse au CCL2 sécrété par les monocytes maternels. Ainsi, une injection sous-cutanée de CCL2 amplifie le recrutement fœtal et améliore la cicatrisation chez les souris gestantes ou post-gestantes. L’implication des CFMs se fait, entre autres, par la formation de vaisseaux sanguins et par la sécrétion spécifique de facteurs pro-angiogéniques. D’autre part, l’injection intracérébrale de CCL2 améliore la réparation cérébrale des souris post-gestantes après induction de lésions excitotoxiques. Ces résultats ouvrent la voie vers une « thérapie cellulaire naturelle » qui consiste à stimuler une voie de signalisation pour recruter des progéniteurs fœtaux spécifiques vers une lésion maternelle. Celle-ci présente plusieurs avantages par rapport aux thérapies cellulaires actuelles et laisse prévoir des avancées dans le traitement des défauts de réparation tissulaire maternels.