Quand deux agents pathogènes, le VIH et Chlamydia trachomatis, s'associent pour survivre dans les cellules immunitaires
Chlamydia trachomatis est l’agent bactérien responsable de maladies sexuellement transmissibles le plus fréquent au monde avec plus de 100 millions de nouvelles infections chaque année. Il a été estimé que 3 à 20% des nouvelles infections par le VIH-1 sont dues à des co-infections par Chlamydia ou le Gonocoque. Alors que ces co-infections sont connues au niveau épidémiologique, nous n’avons que peu de connaissances sur la façon dont les deux agents pathogènes cohabitent au niveau tissulaire ou cellulaire.
Le travail a été mené dans les macrophages, cellules sentinelles du système immunitaire qui sont normalement chargées d’éliminer les microbes pathogènes. Dans ce cas, les macrophages sont la cible des virus VIH-1 et des bactéries Chlamydia qui ont strictement besoin de ces cellules pour se répliquer.
En temps normal, l'infection à Chlamydia déclenche une forte réponse inflammatoire qui entraîne la mort du macrophage infecté. Cette étude a montré que le VIH inhibe ce programme inflammatoire de mort cellulaire, permettant ainsi à la cellule hôte co-infectée de rester en vie. En conséquence, le VIH et les bactéries Chlamydia semblent échanger une réplication rapide contre une persistance à long terme. En empêchant la mort du macrophage co-infecté, les deux agents pathogènes ont créé un environnement intracellulaire plus sûr dans lequel ils peuvent tous deux survivre pendant de longues périodes. Ces résultats révèlent une stratégie jusqu’alors inconnue par laquelle un virus et une bactérie peuvent favoriser leurs propres infections à long terme.
Cette étude apporte un nouvel éclairage sur les fondements biologiques de l'association fréquente entre les infections par le VIH et la chlamydia et met en évidence le rôle des macrophages en tant que réservoirs importants pour les infections chroniques. Ainsi, ces cellules immunitaires apparaissent comme des cibles potentielles pour de futurs traitements visant à limiter les infections sexuellement transmissibles persistantes.
Pour en savoir plus
Référence : HIV-1 and Chlamydia trachomatis limit their respective growth but promote their survival in co-infected human macrophages. Mariano Alonso Bivou*, Floriane Herit*, Thibault Leray, Quentin Provôt, Maria-Teresa Damiani# and Florence Niedergang#
https://doi.org/10.1128/msphere.00196-26