Les macrophages jouent un rôle essentiel dans la défense antivirale.
Présents dans l’ensemble des tissus, ils constituent la première ligne de défense de l’immunité innée. Leur capacité à reconnaître les agents pathogènes, à produire des cytokines et à phagocyter leur permet de coordonner les réponses immunitaires et de maintenir l’homéostasie tissulaire. Cette plasticité fonctionnelle, indispensable à l’adaptation aux environnements locaux, représente cependant une faiblesse exploitée par de nombreux virus.
Cette revue synthétise les mécanismes par lesquels différents virus modulent les fonctions des macrophages afin de favoriser leur réplication, leur dissémination ou leur persistance. Certains virus déclenchent une activation excessive des voies inflammatoires, notamment via les facteurs de transcription NF-κB ou l’activation des inflammasomes. Cette hyperactivation conduit à une production massive de cytokines pro-inflammatoires, contribuant à des phénomènes d’immunopathologie, tels que les syndromes de tempête cytokinique observés lors de certaines infections virales sévères. À l’inverse, d’autres virus inhibent les réponses antivirales en bloquant la production d’interférons de type I ou en interférant avec les voies de reconnaissance des pathogènes, affaiblissant ainsi la capacité des macrophages à contrôler l’infection.
Les virus peuvent également altérer la phagocytose, un processus clé pour l’élimination des agents infectieux et des cellules infectées. En perturbant l’organisation du cytosquelette, la maturation des phagosomes ou l’expression de récepteurs impliqués dans l’ingestion des particules, ils réduisent l’efficacité de cette fonction essentielle. Ces altérations favorisent non seulement la persistance virale, mais augmentent aussi la susceptibilité à des infections secondaires, notamment bactériennes.
Un point central abordé dans cette revue est la diversité des interactions entre virus et macrophages selon le contexte. Dans certains cas, les macrophages sont directement infectés et participent à la production virale ou à l’amplification de la réponse inflammatoire. Dans d’autres situations, ils agissent comme des cellules sentinelles, répondant aux signaux émis par des cellules infectées sans être eux-mêmes des cibles productives. Cette distinction influence fortement les conséquences immunologiques et pathologiques des infections virales.
Enfin, les autrices discutent les perspectives thérapeutiques découlant de ces observations. En complément des antiviraux ciblant directement les virus, des approches innovantes visent à moduler les fonctions des macrophages afin de restaurer une réponse immunitaire efficace sans induire d’inflammation délétère. Ces stratégies dites « host-directed » pourraient offrir de nouvelles options pour le traitement d’infections aiguës ou chroniques associées à une dérégulation de l’immunité innée.
Pour en savoir plus :
Fremont-Debaene Z., Faure-Dupuy S.
Macrophage Makeover Extreme Viral Edition: Mechanisms of Immune Subversion and Therapeutic Perspectives.